201012_02

L’œil était sorti de la tombe.
Il ne regardait donc plus Caïn ?
Non, même pas en coin. Il saturait d’incarner sa conscience, ce d’autant, qu’en l’espèce, elle était assez mauvaise. Il avait demandé qu’on le remplaçât un temps et choisi un poste de vigie dans la campagne, le plus loin possible de la civilisation. C’était étrange de se retrouver là, à l’air libre, dégagé de toute responsabilité à l’égard d’un humain perdu dans les affres de son sort. Autrement dit, l’œil n’avait pas l’habitude d’être en vacances et après quelques jours à se prélasser, il s’était vite ennuyé.
Heureusement, il en était de l’œil comme de la mort : on ne pouvait leur échapper autant qu’ils se devaient de se rendre à Samarcande. C’était leur destin, ce qui les reliait aux êtres humains tout en leur donnant une bonne occasion de passer un petit moment ensemble. L’œil et la mort aimaient s’asseoir à une terrasse ombragée ; l’un commandait un pastis ; l’autre préférait le vermouth. Ils trinquaient et partageaient les olives jusqu’à ce que la conscience, la fameuse, les appelle à leurs devoirs respectifs.
Alors, ils se levaient, joyeux de ce qu’ils avaient à faire. La mort accueillait son passager et l’œil rejoignait une tombe où l’attendait forcément quelqu’un.

Cy Jung®

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